• De mutilation
    En soustraction
    Agnus Dei
    Te voir en chair
    J'en perds la tête

    De mutilation
    En convulsion
    Te voir ici
    Quelle hérésie
    Les bras m'en tombent

    De mutilation
    En génuflexion
    Excommuniée
    J'ai les pieds et
    Les poings liés

    De mutilation
    En extrème onction
    Agnus Dei
    Moi l'impie
    Je suis saignée aux quatre veines

    "Agnus Dei
    Qui tollis
    Peccata mundi
    Miserére nobis
    Miserére nobis"...

    Je suis loin de tout ...

    Je suis loin de vous ...


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  • Je n'aime plus le cinéma de Tim Burton depuis fort longtemps. Mais là, je dois dire que j'ai particulièrement souffert. & pour illustrer l'étude, peut-être me laisserai-je tenter par un petit extrait de l'excellent dessin animé de l'ami Walt (excellent si j'appréciais les films d'animation, s'entend). Mais une chose est sûre : je n'oserai jamais partager avec quiconque l'horreur qu'a commise Tim Burton.

     J'y ai cru dix minutes. Et puis nous sommes arrivés au pays des merveilles, & là, patatras. Je n'ai pu qu'assister, impuissante, à la démolition d'un mythe à grands coups d'images de synthèse moches, d'esthétique toc & de cabotinages insupportables de l'horripilant Johnny Depp. Le tout enrobé dans une quantité étouffante de bons sentiments niaiseux, de phrases philosophico-mon-cucul du genre "c'est moi qui décide du chemin que je suis" & de symboliques légères de deux tonnes (la chenille qui devient papillon en parallèle de l'héroïne qui devient une femme, au secours ! N'en jetez plus !). Au milieu de toute cette bouillie, c'est à peine si Helena Bonham Carter nous réveille en voisant ses « off with her head ! » 

     & surtout, Burton a commis le péché suprême, impardonnable : il a introduit le cliché grossier d'une héroïc-fantasy de bas étage dans l'univers délicieusement absurde créé par l'overdose de logique de Lewis Carroll. Le poème-comptine devient scénario, & le résultat est une catastrophe en trois dimensions (on se demande bien d'ailleurs pourquoi le film fut visible en salle en 3D ... Cet aspect technique n'est absolument pas exploité & n'apporte vraiment rien de rien).

     Pourtant, un instant, on se prend à imaginer ce que ça aurait pu être. Utopie bien éphémère : Alice revoit son passé, son pays des merveilles originel, & mon Dieu qu'on a envie d'y rester tellement ça a l'air bien ! Hélas ... On revient bien vite dans le présent, avec ses monstres, ses épées magiques, ses batailles pseudo-épiques & ses tics burtonniens : vieux moulin à vent carbonisé, branches tordues & spiralées ... Laissez-moi rire, même la tête du chat du Cheshire qui apparaît dans le ciel fait furieusement penser au "Bat-Signal", c'est dire.

     Bref : (re)lisez le livre, (re)voyez le dessin animé à la rigueur si vous êtes friants des films d'animation, & vous aussi, exigez que la reine rouge demande à ce qu'on coupe la tête de Tim.


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